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Voyager, se préparer avec un carnet de bord

Pourquoi cette envie de partager mes voyages ?
Dans tous mes romans, il y a une part d’évasion.
Voyager et faire voyager.
À l’autre bout de la planète ou simplement au coin de la rue.
Pour écrire, j’aime découvrir les lieux physiquement : marcher, observer, écouter, ressentir une atmosphère. M’imprégner d’un endroit m’aide à mieux le comprendre et, plus tard, à le faire vivre dans mes histoires.
Mais il n’est pas toujours possible de se déplacer.
Alors, je voyage autrement : à travers des documentaires, des images, des cartes, des témoignages ou des récits de voyage qui fourmillent de détails. Je rassemble des informations, je visualise les lieux et peu à peu, le décor prend forme.
Ce que je recherche avant tout, c’est l’immersion.
Donner au lecteur l’impression d’être là. Lui faire découvrir un paysage, une rue, une odeur, une lumière, une ambiance. Le prendre par la main et l’emmener avec moi.
Partir ensemble, à travers mes romans.
En Inde, en Espagne et en France avec Les tribulations de Caméliope.
À Majorque et sur les rivages d’une île méditerranéenne avec Le murmure des galets.
Sur les routes de l’exil, d’un pays et d’un continent à l’autre, avec Flots intranquilles.
Au fond, mes carnets de voyage et mes romans racontent la même envie : observer le monde pour mieux le raconter.

Qu’est-ce que la visualisation m’apporte ?
Je pourrais utiliser la vidéo. Pourtant, je préfère le papier.
Question de canal, sans doute.
Écrire, coller, annoter, dessiner parfois… Le carnet me permet de fixer ce que je découvre, mais aussi ce que je ressens : une atmosphère, une couleur, un détail, une sensation que je pourrais oublier une fois rentrée.
C’est une étape nécessaire dans la préparation de mes romans et un outil précieux pour organiser et structurer mes idées.
Mon carnet de bord m’accompagne ainsi à chaque étape du voyage. Il recueille d’abord ce que je vois et ce que je vis. Puis il me suit jusqu’à l’écriture, et parfois même jusqu’à la relecture du roman.
Après mon retour, je continue donc à le porter longtemps en moi.
Un peu comme une mère continue de porter son enfant autrement après sa naissance, le carnet accompagne le livre bien au-delà de son écriture.

À quel moment je fabrique mon carnet de bord ?
Mon carnet commence à prendre forme avant même le départ.
J’y dessine les grandes étapes du voyage, j’y définis les thématiques que je souhaite explorer et j’effectue un premier travail de recherche.
Une manière, déjà, d’entrer en contact avec le voyage à venir.
Pendant le séjour, le carnet devient chronologique. Je l’écris au jour le jour, souvent le soir, avant de tomber de fatigue. Dans la journée, je profite des pauses pour relire, préciser ou compléter mes notes.
Et lorsqu’une impression doit être saisie sur le vif, j’utilise parfois l’enregistrement audio avec retranscription. Je récupère ensuite ces mots spontanés pour les intégrer à mon carnet papier.
Après le retour, je le retouche très peu.
J’aime qu’il conserve les traces du voyage telles qu’elles sont apparues : les découvertes, les impressions, les détails notés à la hâte, mais aussi les hésitations et les imprévus.
Il devient ainsi la mémoire brute du voyage, avant que certains de ses fragments ne trouvent leur chemin jusqu’à mes romans.

Quelles compétences pour écrire un carnet de bord ?
Aucune compétence particulière.
Pas besoin de savoir dessiner, ni d’avoir un talent artistique. C’est avant tout une envie de fabriquer, de bricoler et de garder une trace.
Griffonner quelques mots, tracer un schéma, ajouter de la couleur, coller un ticket, une photo, un morceau de papier glané en chemin…
C’est simple, spontané, parfois enfantin. Et surtout, sans prétention.
Le carnet n’a pas besoin d’être beau. Il doit simplement vous ressembler et raconter votre voyage à votre manière.
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